1 – Entre 1983 et 1984, le gouvernement guinéen a investi 9 millions de dollars pour la création d’une usine d’huilerie à Kassa. Cependant, avec la mise en place du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) et la politique de privatisation en 1987, cette usine a été revendue au prix de la ferraille, c’est-à-dire au kilo de fer, pour moins de 0,5 % de sa valeur initiale. Un véritable gâchis économique ! Imaginez les emplois qu’elle aurait pu créer aujourd’hui et les bénéfices qu’elle aurait pu générer pour l’économie guinéenne, tant en termes de production locale d’huile que de réduction des importations. Malheureusement, cette unité industrielle a été implantée dans un autre pays d’Afrique de l’Ouest par l’acheteur.
2 – De la même manière, l’usine textile de Sanoyah, construite avec un investissement de 8 millions de dollars entre 1983 et 1984, a elle aussi été vendue au prix du fer à la casse. Pourtant, cette usine aurait pu jouer un rôle clé dans l’industrialisation du pays, en créant des emplois, en fournissant le marché local et en réduisant notre dépendance aux importations de textiles.
3 – Dans la mise en place de 241 programmes d’ajustement structurel dans 36 pays d’Afrique, le FMI avait conclu une dévaluation graduelle de 25 %. Mais en 1985, la Guinée a connu la plus grosse dévaluation brute (92 %) de l’histoire de l’humanité, après celle de la France lors de la Seconde Guerre mondiale sur décision (1 Mark était = à 10 FF, mais il a décidé que 1 Mark soit = à 20 FF) d’Adolf Hitler.
4 – Un autre exemple frappant est la compagnie maritime Simandou, qui assurait l’exportation de la bauxite guinéenne. Elle a été liquidée dans le cadre du PAS, mais à quel prix ? La question reste posée. Tout comme celle d’Air Guinée.
Si cette compagnie avait été entretenue et développée, elle aurait pu générer d’énormes revenus pour la Guinée. À titre d’exemple :
Avec 90 millions de tonnes de bauxite exportées par an et un prix moyen de 70 $ par tonne, la Guinée aurait pu encaisser 6,3 milliards de dollars (90 000 000 × 70 $).
Or, dans la réalité actuelle, la Guinée ne perçoit que 12 $ par tonne sur chaque 70 dollars la tonne, soit 1 milliard quatre-vingt millions de dollars seulement (90 000 000 × 12 $).
a) La République de Guinée opère près de 40 % de l’exploitation mondiale, mais ne gagne que 18 % en tant que premier producteur mondial.
b) La Chine, avec 5 % de parts de production mondiale, perçoit presque 40 % des intérêts globaux.
La politique de privatisation et d’ajustement structurel imposée à la République de Guinée (avec la complicité de certains « intellectuels » du pays) a conduit à une perte de souveraineté économique, sacrifiant des infrastructures essentielles au profit d’une logique de sabotage orchestrée par des complicités internes et externes. Or, si ces unités industrielles et maritimes avaient été préservées et développées, elles auraient pu jouer un rôle majeur dans l’industrialisation du pays et la consolidation de son économie, comme ce fut le cas pour la Chine, la Corée du Sud, le Maroc aujourd’hui, etc.
Il n’est jamais trop tard. Réveillons-nous pour redonner à notre République, la République de Guinée, son honneur et sa dignité économique, monétaire et industrielle. Je sais que nous allons y arriver.
LE PRÉSIDENT MORY KABA
HOMME POLITIQUE
Excellente semaine à tous et à chacun où que vous soyez.